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Rafik Smati

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La France emprunte à 4,10 % : la sanction de 50 ans de dérive, au moment où le capital mondial redevient rare

Publié sur X · 20 août 2026
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À 4,10 %, la France emprunte à un niveau inédit depuis 2008, au moment où le capital mondial redevient rare, happé par l'IA et le réarmement. Rafik Smati explique pourquoi la dette française n'est plus un placement par défaut.

La France emprunte à 4,10%. Du jamais vu depuis la crise financière de 2008.

Ceci n’est pas un accident. C’est la sanction nette et tragique de 50 ans de dérive budgétaire.

Mais ce qui rend la situation actuelle particulièrement explosive, c’est qu’elle survient précisément au moment où le capital mondial redevient rare et disputé.

Pendant 15 ans, la France s’est en effet endettée dans un monde où l’argent était abondant et mal rémunéré. Dans ce monde-là, la dette française était un placement prisé : un peu mieux rémunérée que l’allemande, avec un risque perçu comme quasi nul. On n’avait même pas besoin de séduire. On se servait.

Problème : ce monde est mort.

L’IA aspire désormais des quantités gigantesques de capitaux. 4 entreprises américaines vont investir plus de 700 milliards de dollars cette année. 2 milliards par jour ! Et les géants de la tech empruntent massivement sur les marchés obligataires.

Dans le même temps, les USA émettent toujours plus de dette. L’Allemagne investit massivement. Le Japon sort de 30 ans d’argent quasi gratuit et ses taux à 10 ans approchent 3%. Du jamais vu depuis 30 ans.

Les marchés de capitaux sont mondiaux et liquides. L’argent va là où le couple rendement/risque est le plus favorable. Point.

Et c’est là que le problème français devient vertigineux. Pendant que le monde basculait, on n’a rien changé : dette en hausse, déficits chroniques, dépenses jamais maîtrisées, instabilité politique installée, confiance qui s’érode…

Hier, la France pouvait encore demander : « Combien voulez-vous pour nous prêter ? »

Demain, la question sera bien plus cruelle : « Pourquoi vous prêter, à vous ? »

Pourquoi financer un État qui refuse de se réformer, quand le même capital peut financer la révolution technologique, une Amérique qui paie mieux, un Japon redevenu attractif ou des voisins européens jugés plus solides ?

Nous sommes, je le crains, à des années-lumière des sujets qui occuperont les débats de 2027.

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