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Rafik Smati

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Au risque de vous surprendre, je veux aujourd’hui prendre la défense de nos professeurs.

Publié sur X · 9 septembre 2026
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Après les résultats PISA, Rafik Smati prend la défense des professeurs : le système mérite la critique, pas ceux qui tiennent les classes. Un libéral peut dire que les profs ont toutes les raisons de se révolter.

Au risque de vous surprendre, je veux aujourd’hui prendre la défense de nos professeurs.

Oui, moi. Le libéral. L’homme de droite. Le chef d’entreprise. Convaincu que le « Mammouth » doit être dégraissé. Pas exactement le profil qu’on imagine spontanément monter au créneau pour défendre les profs.

Car depuis la publication des derniers résultats PISA, tout le monde critique notre système éducatif. À raison. Mais je vois aussi monter un procès contre nos professeurs. Et là, je dis stop ! Je refuse qu’on fasse d’eux les boucs émissaires de la faillite éducative française.

Vous pensez que le problème, ce sont les profs ?

Alors allez enseigner devant 35 élèves.

Allez tenter de transmettre Racine, Pythagore ou l’histoire de France à des enfants abrutis par les écrans, et dont les parents sont parfois les premiers à contester l’autorité du professeur.

Allez faire cours dans une salle de classe sans climatisation où la température excède les 30 degrés.

Allez travailler avec une bureaucratie tentaculaire sur le dos, une direction qui attend le rectorat, un rectorat qui attend le ministère, et un ministère qui produit des circulaires.

Allez enfin exercer un métier où, dans certains établissements, une simple altercation peut finir en coup de couteau.

Et faites tout cela pour un salaire indigne de la responsabilité qu’on vous confie.

Puis revenez m’expliquer que les professeurs sont le problème.

Car malgré tout ça, chaque matin, des centaines de milliers de professeurs poussent la porte de leur classe et essaient de transmettre quelque chose.

Un savoir. Une méthode. Une curiosité. Parfois simplement le goût de l’effort.

Bien sûr qu’il existe de mauvais professeurs. Comme il existe de mauvais médecins, de mauvais entrepreneurs et de mauvais journalistes. Mais notre problème collectif n’est pas là.

Notre problème, c’est qu’on a construit un système qui demande aux professeurs toujours davantage, leur donne toujours moins d’autorité, les ensevelit sous la bureaucratie, puis leur demande des comptes lorsque tout s’effondre.

Je vais même aller plus loin. Être prof aujourd’hui, dans beaucoup d’endroits en France, relève presque du sacrifice.

Car il faut encore croire à quelque chose de profondément révolutionnaire dans notre époque : qu’un adulte peut changer la vie d’un enfant en lui transmettant un savoir.

Alors oui, réformons radicalement l’Éducation nationale. Rétablissons l’exigence, l’autorité, la discipline, le mérite et l’excellence.

Mais commençons par respecter ceux qui, chaque matin, tiennent encore la ligne de front de la transmission.

Un pays qui méprise ses professeurs finit toujours par mépriser son propre avenir.

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