Les images des émeutes de Paris font le tour du monde. Rafik Smati décrit la facture qui vient : commerces saccagés, tourisme touché, investissements reportés. Après la faillite sécuritaire, le risque d'une faillite économique.
Les images de Paris ce soir font le tour du monde. Et elles vont coûter très cher à la France. La faillite sécuritaire est déjà une catastrophe. Mais elle risque aussi de précipiter une faillite économique.
– Des commerçants saccagés, dont certains mettront des mois, voire des années, à s’en remettre.
– Des images d’une France en proie au chaos qui tournent en boucle sur les télévisions et les réseaux sociaux, de New York à Tokyo ou Singapour.
– Un secteur touristique, l’un des poumons de notre économie, qui risque de payer l’addition pendant longtemps.
– Des investissements étrangers qui seront reportés, voire annulés. Car qui voudrait investir dans un pays dont les images évoquent le chaos ?
– Et enfin, un moral des Français déjà au plus bas, qui risque de s’enfoncer davantage. Or la confiance est le carburant invisible de la croissance : sans elle, on ne consomme plus, on n’investit plus, on n’entreprend plus.
Et je pense aussi à ces lycéens, à ces Français exaspérés, inquiets pour leur avenir, qui voulaient simplement faire entendre leur colère en défilant pacifiquement. Leur colère mérite d’être entendue. Leur droit de manifester mérite d’être respecté. Ils sont eux aussi les victimes de ceux qui ont transformé une journée de mobilisation en une insurrection de voyous.