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L’accélération technologique de la Chine donne le vertige. Réveillons-nous !

Ce qui se passe en ce moment en Chine donne le vertige, et contraste avec la médiocrité court-termiste du débat politique français.

Un chiffre suffit à mesurer l’abîme qui se creuse : la Chine compte actuellement 7 millions d’élèves en école d’ingénieurs, contre 150 000 en France. 30% des étudiants du supérieur y suivent un cursus d’ingénieur.

À Shenzhen, vous entrez dans un FabLab avec une idée le matin et vous en sortez avec un prototype en moins de 24 heures. Les voitures roulent toutes seules, les usines tournent dans l’obscurité, car les robots travaillent seuls et, parfois même, s’auto-répliquent. La Chine n’est plus en train de copier : elle est en train d’écrire l’avenir, rivalisant, voire dépassant, les États-Unis. Dire cela n’est pas louer le modèle chinois, mais regarder un futur qui nous échappe.

Car que se passe-t-il chez nous ?

On regarde le train passer. On se complaît dans une impuissance publique, où la vision a été remplacée par une gestion technocratique à courte vue. Au lieu d’innover, l’Europe légifère. On empile des normes, comme l’AI Act, pour se protéger de technologies que nous ne savons plus produire. Nous avons mis tous nos joueurs en défense devant nos buts, tétanisés, sans personne pour aller marquer.

La France est doucement en voie de tiers-mondisation. En richesse par habitant, nous avons dégringolé de la 5ème à la 26ème place ! Seul le retour à une planification stratégique audacieuse, capable de voir au-delà des échéances électorales, pourra stopper l’hémorragie. Une planification qui ne promet pas des résultats immédiats, mais qui reconstruit des compétences, des filières et une puissance productive sur 10, 15, 20 ans.

Surtout, face à la Chine, nous avons encore une carte maîtresse : un marché européen de 450 millions de consommateurs à fort pouvoir d’achat. Il est temps de sortir de la naïveté et de l’arrogance, et d’entrer dans un rapport de force raisonnable et constructif. La Chine veut accéder à notre marché ? Très bien. Mais imposons-lui ce qu’elle nous a imposé pendant trente ans : des joint-ventures, des partenariats actionnariaux et des transferts de technologie. C’est le seul moyen de repasser en attaque et de se projeter, non pas à la prochaine élection, mais à vingt ans.

Osons. L’histoire ne sanctionne jamais l’échec : elle sanctionne la médiocrité et l’aveuglement.

1 commentaire :

  1. Serigne Sam MBACKE dit:

    Bonjour monsieur,
    Ce débat m’intéresse car en tant qu’entrepreneur, je voulais acquérir des machines de haute technologie venant de la Chine mais les partenaires français veulent m’imposer une acquisition européenne. Ce texte pourra peut-être me permettre de les convaincre.
    Vous pensez quoi d’une acquisition (des machines de découpe laser, des fraiseuses) à partir de la Chine ?

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