Face à une compétition qui s'intensifie, entre humains comme face aux IA, Rafik Smati juge illusoire de croire que supprimer Parcoursup ferait disparaître la sélection. Il plaide pour la fin du contrôle continu et le retour d'un baccalauréat national, exigeant, anonyme et équitable.
Il faut dire la vérité aux lycéens : ils vivront dans un monde où la compétition va augmenter. Que ce soit entre humains ou, désormais, face aux IA.
Penser qu’il suffirait de supprimer Parcoursup pour faire disparaître la sélection est une absurdité ! La vérité est que la sélection existera toujours, et même plus que jamais. La seule question est de savoir quand elle intervient, sur quels critères et comment nous préparons nos jeunes à l’affronter.
Or le contrôle continu a vidé le bac de son sens. Un 15 dans un lycée ne vaut pas un 15 dans un autre, et tout le monde le sait. Résultat : la sélection se fait désormais dans des dossiers et des algorithmes que personne ne comprend.
Pour ma part, je suis favorable à la suppression de Parcoursup, à condition de coupler cette mesure à la suppression du contrôle continu au baccalauréat et au retour d’un véritable examen national, exigeant, anonyme et équitable.
L’égalité des chances ne consiste pas à faire croire à tous les enfants que les obstacles ont disparu. Elle consiste à donner à chacun les moyens de les surmonter. À force de vouloir leur épargner la compétition à l’école, nous risquons de les condamner à la subir toute leur vie.
L’avenir de nos enfants mérite mieux que de la démagogie.