Les débats sur la « pauvreté » et la « richesse » reposent trop souvent sur un malentendu statistique. Démonstration.
Doublez le salaire de tous les Français : le salaire médian passerait d’environ 2200 € à 4400 €. Le pouvoir d’achat exploserait. Pourtant, les statistiques compteraient toujours autant de « pauvres ».
Rendez chaque Français millionnaire d’un coup de baguette magique : certains seraient moins millionnaires que d’autres. Au sens statistique, la France compterait autant de pauvres qu’aujourd’hui.
C’est tout le paradoxe. À force de regarder les écarts statistiques en valeur relative, on finit par oublier l’essentiel : le niveau de vie réel des gens.
Moi, ce qui m’intéresse, ce n’est pas la pauvreté statistique. C’est la misère réelle. Ce n’est pas de savoir combien de Français gagnent plus ou moins que leurs voisins. C’est de savoir s’ils vivent mieux qu’hier.
La vraie question n’est pas de réduire les écarts. C’est de créer davantage de prospérité.
Car une société ne progresse pas quand tout le monde est également pauvre. Elle progresse quand chacun a davantage accès à la santé, au logement, à l’éducation, à l’énergie, à la mobilité, à la culture et à l’espoir.
La prospérité ne se résume pas à un tableau Excel. Elle se mesure dans la vie des gens.
Rafik Smati
