Vidéo

Dette publique : réformons maintenant pour éviter la chute ! 

Le drame arrivera un 1er ou un 3ème jeudi du mois.

Peut-être le mois prochain. Peut-être dans six mois. Peut-être dans trois ans.

Ce jeudi-là, comme elle le fait à date fixe depuis des décennies, l’Agence France Trésor (qui gère la dette de la France) se présentera sur les marchés pour emprunter des milliards d’euros.

10 milliards.
15 milliards.
Peut-être 20.

La routine.

Jusqu’au moment où elle constatera que, cette fois, les milliards espérés ne viendront pas. Pas assez d’ordres d’achat. Pas assez d’investisseurs pour acheter toute la dette que la France cherchera alors à placer.

Pourquoi ? Parce que la dette française est désormais concurrencée de toute part. L’Allemagne emprunte massivement pour financer son réarmement. Le Japon fait évoluer sa politique monétaire. Et les géants américains de la tech vont lever des centaines de milliards pour financer les data centers, l’intelligence artificielle et la puissance technologique de demain.

Imaginez alors un investisseur, quelque part à New York, Londres, Tokyo ou Singapour qui a des dizaines de milliards à investir. Il a le choix entre financer les infrastructures allemandes, la révolution technologique américaine, les géants de l’IA… ou la dette française, qui n’est qu’un immense crédit à la consommation. Que choisiriez-vous à sa place ?

Quand ce 1er ou ce 3ème jeudi du mois surviendra, la sidération s’emparera du pays. La plupart des experts et des dirigeants politiques expliqueront qu’on ne pouvait pas le prévoir. Puis le président de la République prendra la parole à 20h devant les Français. Il annoncera une augmentation sans préavis de 5 points du taux de TVA, mais surtout des coupes radicales dans les pensions de retraite et les salaires des fonctionnaires. Pas un plafonnement, non. Un carnage avec effet immédiat.

Peut-être me trouvez-vous trop alarmiste ? Mais voilà ce qui nous attend si nous n’avons pas le courage de faire aujourd’hui, dans le calme, les choix que les circonstances nous imposeront demain, dans la panique.

L’hypothèse de ce jeudi noir me tétanise. Elle me tétanise parce que je sais que ce jour peut arriver. Mais elle me tétanise surtout parce que je sais qu’il peut encore être évité.

Il est encore temps pour la France de choisir : le courage et la vérité maintenant. Ou l’effondrement. Un jeudi matin.

Rafik Smati

(Intervention chez David Pujadas sur LCI)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Cette publication vous a plu ?

ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER !

Recevez en exclusivité la newsletter de Rafik Smati