Vidéo

Rafik Smati démonte la « priorité nationale » de Marine Le Pen

Je veux poser une question à Marine Le Pen qui nous vend la « priorité nationale » comme LA solution à la crise du logement :

Entre un couple de Maliens qui travaille en France depuis 20 ans, paie ses impôts et élève ses deux enfants ici, et un Français exilé à Dubaï qui crache sur la France sur les réseaux sociaux puis décide un jour de revenir en France, lequel doit passer en priorité pour obtenir un logement social ?

Car derrière les slogans, il y a les chiffres : 2,9 millions de ménages sont en attente d’un logement social en France. Environ 400 000 logements seront attribués cette année. Et sur ces 400 000 logements, environ 50 000 iront à des étrangers.

Donc faire croire que l’on va résoudre une pénurie de 2,9 millions de logements en changeant l’ordre d’attribution de 50 000 logements, c’est une diversion. Un mensonge, même.

Et pourtant, je n’ai aucun tabou avec l’idée de priorité nationale. La France forme une communauté nationale. Il me paraît parfaitement légitime que l’appartenance à cette communauté donne accès à certains droits (et impose certains devoirs).

Mais la nation, telle que je la conçois, ne consiste pas seulement à savoir qui doit passer devant qui. Elle consiste aussi à permettre à chacun de monter, de s’élever, de s’émanciper.

Voyez-vous, je suis moi-même un immigré. Je suis né en Algérie et arrivé en France à l’âge de 2 ans. J’ai passé des années de ma vie dans un HLM de banlieue parisienne. L’ascenseur républicain m’a permis de ne pas rester assigné à mon point de départ. Je suis devenu Français, puis chef d’entreprise, puis propriétaire dans un beau quartier parisien.

C’est cette promesse-là qui a disparu. Et elle a disparu pour tout le monde : pour les enfants de l’immigration comme pour les jeunes Français des campagnes, des villes moyennes et de la France dite périphérique.

Voilà le vrai scandale qui ronge notre pays : l’ascenseur social est en panne et nous passons notre temps à nous disputer pour savoir qui doit monter dedans en premier.

La gauche veut répartir la pénurie.

Le RN veut créer des priorités dans cette pénurie.

Pour ma part, je veux une France qui produit, innove, ose, crée de la richesse, pour remettre l’ascenseur social en marche.

Eux veulent administrer le déclin. Moi, je veux propulser la France dans la modernité et l’abondance.

Les vrais patriotes ne sont pas ceux que l’on croit.

Rafik SMATI

(Intervention sur le plateau de David Pujadas sur LCI)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Cette publication vous a plu ?

ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER !

Recevez en exclusivité la newsletter de Rafik Smati